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Snoezelen .

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Snoezelen .

Message par Michel7034 le Dim 18 Jan 2015 - 16:30

Snoezelen, les origines :

Le terme est apparu dans les années 1980 en Hollande et résulte de la contraction de deux verbes.

Snuffelen  qui signifie renifler, sentir, dans le sens de «  tâtonnement », ou « exploration sensorielle ».

Doezelen qui nous invite à « lézarder », somnoler et se laisser aller à la détente.


    Imaginé au départ  pour les personnes polyhandicapées adultes, dans un souci de prise en charge « occupationnel », ces espaces de  stimulation sensoriels ont rapidement été adaptés (dès 1984) à d’autres populations : enfants, personnes âgées démentes, puis autistes sévèrement déficitaires, personnes accueillies en psychiatrie, personnes en phase d’éveil de coma ….

    Même dans les unités de soins palliatifs, certains soignants osent enfin proposer ces petits instants insignifiants et pourtant si essentiels où ils s’attachent à aller chercher l’étincelle de vie là où elle se trouve encore : dans le monde prodigieux du sensoriel et de l’émotionnel pour que ces personnes soient, jusqu’au  dernier souffle, acteurs de leur « vivance ».


Snoezelen : qu’est-ce que c’est ?

    Pour ceux qui découvrent le concept, je livre ici la définition proposée par Marc Thiry, formateur snoezelen mais aussi kinésithérapeute, psychomotricien et haptonome : « Snoezeler, c’est vivre à travers la sensorialité du corps, avec des personnes aussi démunies soient elles, une attitude interrelationnelle favorisant la détente, le bien-être, la sécurisation au service de l’ETRE et non du faire. »


    Quant à moi, humaniste invétérée qui a gardé au fond du cœur un penchant pour l’imperceptible  magie qui se joue dans les relations humaines, je vous ai concocté la formule suivante :


    « Snoezeler,                                                  

C’est se mettre en marche chaque jour

Vers l’empyrée de la rencontre avec l’Autre,

C’est effleurer le makom[2]*,

Réveiller avec humilité le divin qui est en chacun de nous

Et accueillir le sublime que porte en lui,

Celui que je touche,

Celui que j’écoute,

Celui que je regarde,

Celui que je goûte,

Celui que je respire. »


    Dans l’établissement où j’exerce depuis six ans le métier d’aide-médico-psychologique auprès de personnes polyhandicapées adultes et autistes sévèrement déficitaires, une place importante est donnée aux prises en charge snoezelen.

    Personnellement, je préfère le terme « accompagnement » qui induit à lui seul, l’esprit dans lequel on aborde la personne dépendante : c’est elle qui tient le rôle principal, et moi je l’escorte, la soutient, me laisse guider par ses demandes, ses regards, ses sourires mais aussi ses cris, ses pleurs ou ses peurs. Même si, au départ, c’est le professionnel soignant ou éducateur, qui a pris l’initiative de la rencontre, laisser le choix à la personne accompagnée et surtout respecter ce choix, est primordial dans l’établissement d’une relation de confiance.  C’est aussi une manière de la sécuriser  et de la respecter dans son altérité. Même si cette liberté de choix aboutit parfois à un refus : le refus même de la relation ou de la séance snoezelen est en soi une façon pour la personne de maîtriser le cours de sa vie. (Le refus, qu’il soit celui de se nourrir, de s’habiller ou de participer à une quelconque activité, étant souvent la seule manière pour eux, d’exprimer librement un choix de vie).


    Vous l’aurez compris, snoezelen demande avant tout, une disposition d’esprit, de cœur et de corps particuliers. C’est plus qu’un concept, c’est une philosophie, un art de vivre au quotidien, c’est (re-)donner dans les milieux professionnels une place de choix à l’émotion, aux sentiments et à la relation interpersonnelle.


    Il n’est évidemment pas question de se laisser aller à des débordements affectifs ni à la sensiblerie ! Le snoezeleur se doit d’apprendre à comprendre et  maîtriser ce qui  intervient dans les relations humaines, mais aussi savoir déceler les besoins et les attentes pour pouvoir tenter d’y répondre.


    Il ne s’agit pas non plus de se substituer aux soins médicaux et paramédicaux (kinésithérapeute, ergothérapeute, psychologue ou psychiatre, …), mais d’apporter un « plus » indispensable, où les organes sensoriels ne se limitent pas à une oreille, une main, un œil mais deviennent des instruments au service d’un regard différent, d’une écoute différente, d’un toucher différent….

Comment  snoezeler ?  

   C’est à chaque fois avec une grande émotion que j’aborde les séances snoezelen, car  chaque séance est unique et vous réserve son lot de surprises ! Lorsque je prends soin des personnes polyhandicapées, qui de par leur handicap n’ont pas le langage verbal, il faut, pour pouvoir accéder à leur monde, inlassablement et à chaque fois, faire l’effort de se mettre à leur niveau : une sorte de  «  régression » où le langage verbal n’a que peu, ou pas de sens, mais où subsiste le sensoriel : la chaleur d’un regard, la musicalité d’une voix, la douceur d’un toucher, la délicatesse d’une odeur ou bien encore l’impact subtil d’un goût.


    L’entrée en relation avec les personnes polyhandicapées se fait en douceur  et avec persévérance car le temps prend avec eux une autre dimension. Il n’y a pas une méthode et une technique spécifiques, il y en a autant que de rencontres : chaque accompagnement est, et doit être, une redécouverte de l’autre et de soi.

    Lorsque le langage verbal est absent, l’entrée en relation peut se faire de nombreuses manières : les regards, les gestes, les rires, les pleurs, les cris, les grognements, les expressions (peur, dégoût, sourire, …), les mimiques.

     Je m’efforce toujours de recevoir ces messages de façon objective : des larmes ne sont pas toujours  signe de tristesse et le rire pas toujours signe de bonne humeur !

    La force du snoezeleur réside dans sa capacité à écouter au-delà des maux et des mots. Cette compétence d’écoute véritable s’obtient en cultivant la qualité d’esprit qui consiste à voir ce qui est, sans jugement, sans interprétation, sans interférence, sans croyance, ni certitude.

     Cette force se trouve aussi dans son aptitude à accepter que cet Autre, si différent, entre en relation avec lui avec des moyens qui peuvent rebuter (odeurs, salivation excessive…), surprendre (cris stridents parfois insoutenables), agresser (agrippement aux vêtements ou aux cheveux, pincements). Gérer ces moments avec douceur et sans recourir à l’escalade violente par des mots ou des gestes demande une maîtrise de soi inhabituelle.


    C’est dans cette relation à l’autre que l’on prend conscience de la dimension holistique des soins d’accompagnement. C’est une manière authentique et unique de toucher l’autre et d’être touché. Que ce soit au sens propre du terme, c’est-à-dire un toucher « peau à peau », mais aussi au sens figuré, touché par l’attitude, le respect, la disponibilité, l’écoute. Etre dans la relation  nous permet d’exister. Le fait que dans Snoezelen il ne soit pas question de rendement, le don de soi et l’accueil de l’autre sont inconditionnels : c’est l’Ici et le Maintenant qui comptent.



    Il s’agit, dans une certaine mesure, de faire abstraction de l’histoire passée, des évènements à venir, et de faire de l’instant présent un moment d’éternité, car un instant de bien-être intense s’inscrit dans la mémoire du corps et de l’âme et ouvre une porte vers la conscience.



    Ainsi, de corps à corps, la relation devient une relation de cœur à cœur et enfin, d’esprit à esprit.



    Prendre soin de l’Autre ne signifie pas le prendre en charge en minimisant sa souffrance («- ce n’est pas grave, ça va aller ! ») ou en relativisant ses besoins (une fois de plus… « - ce n’est pas grave, ça va aller ! ») mais en l’aidant à trouver en lui les ressources nécessaires à sa recréation.

    Il s’agit d’être assez proche pour établir une symbiose, c'est-à-dire un échange qui soit profitable autant à l’accompagnant qu’à l’accompagné, tout en gardant la distance nécessaire pour ne pas tomber dans le fusionnel. Car si Snoezelen s’adresse bien aux personnes dépendantes, le professionnel accompagnant en tire bénéfice lui aussi : cette façon de prendre soin prédispose à l’empathie, faculté inestimable qui nous rend sensible à la joie ou à la détresse qui émane de l’Autre et qui nous pousse à l’action. La satisfaction que l’on retire de cette action est à la mesure de l’effet produit sur la personne accompagnée : savoir dégager de chaque accompagnement ce qu’il a induit de positif sur nous permet de donner du sens à notre travail.


    Réussir son accompagnement snoezelen, c’est être capable de faire ressentir à la personne accompagnée toute sa valeur, toute sa grandeur, toute son importance dans son appartenance au monde, quelle que soit sa différence apparente. Car n’oublions pas que ce sont les différences qui constituent la richesse dans les échanges humains, et qui fait de chacun de nous, un être unique.


En pratique

    L’idéal, bien-sûr, est de disposer d’une salle snoezelen, équipée et accessible à tout moment.

    Il  est primordial de s’assurer, avant d’entreprendre votre accompagnement snoezelen, que les besoins élémentaires de la personne soient satisfaits (faim, soif, propreté, installation- confort…).

     Avant d’y emmener le résident, commencez par créer l’ambiance : fermez les volets ou tirez les rideaux afin que l’extérieur ne vienne pas perturber la séance et que vous puissiez obtenir ainsi « la bulle » qui vous permettra de capter l’attention. Pour la luminosité de la pièce, choisissez le néon « lumière noire » ou bien un spot de couleur avec une boule à facettes, des bougies sans flammes, un projecteur avec des images d’ambiance (feu de bois, ruisseau, paysages, océan …) suivant l’atmosphère que vous souhaitez créer : c’est la stimulation visuelle de base.

    Allumez le diffuseur d’huiles essentielles en ayant pris soin d’y déposer quelques gouttes d’huile adaptée à la situation et l’ambiance que vous souhaitez donner : stimulante, apaisante, revitalisante… Pour cela, il existe quantité de synergies d’huiles dans le commerce, ce qui facilite de façon appréciable votre tâche : stimulation olfactive de base.

    Choisissez l’ambiance musicale de manière tout aussi réfléchie : « bord de mer avec bruit de ressac », « campagne avec chants d’oiseaux », musique « zen », de détente…Réglez le son de façon à ce qu’il ne perturbe pas la relation mais s’y infiltre en douceur : stimulation sonore de base.

    Amenez ensuite la personne et installez-la confortablement de manière adaptée aux stimulations que vous souhaitez proposer.

    Pour les personnes polyhandicapées, des stimulations structurées suivant la méthode préconisée par Andréas Fröhlich semble la plus adéquate. Cette méthode développe une approche des stimulations sensorielles selon une progression rigoureuse. D’abord les stimulations les plus fondamentales, c’est-à-dire les stimulations somatiques : sensations corporelles à la surface de la peau comme les pressions, l’effleurage, le chaud, le froid, les douches sèches, les bains détente… Puis les stimulations vestibulaires (balancements, rotations, accélération, équilibre), vibratoires (coussin ou matelas vibrants par exemple mais aussi brosse à dent électrique), ces stimulations correspondant à celles perçues par l’enfant in-utero.  Ensuite les stimulations orales (repas ou atelier goût), les stimulations olfactives (loto des odeurs, flacons de parfum…) auditives (tambourin, clochettes, maracas et autres bruitages), puis tactiles (le toucher de différentes matières) et pour finir les stimulations visuelles (fils lumineux, mobile, boule à facettes …).



    Les objectifs peuvent être multiples, et tout en restant réceptif et attentif aux capacités et au rythme de la personne accompagnée, je peux proposer une séance à visée « bien-être » avec la satisfaction de certains besoins fondamentaux (s’occuper en vue de se réaliser, se recréer…), à « visée thérapeutique » dans la gestion des troubles du comportement, troubles du sommeil ou à  « visées rééducatives » avec des mobilisations en douceur des membres, des muscles…

Il s’agit d’aider le résident à investir certaines parties de ce corps qui échappe à son contrôle.



    Les effets bénéfiques qui découlent de ces accompagnements snoezelen, qui se manifestent parfois à plus long terme et pas dans l’immédiat, mériteraient que l’on s’y attache et qu’on les évalue de manière plus précise.



    Il est essentiel de garder une part de spontanéité, d’humour, de poésie et surtout d’authenticité.

    Parfois, la séance snoezelen se limitera à une simple présence : un moment de complicité unique où soignant et soigné, accompagnant et accompagné partagent un instant de vie côte à côte.



    N’imposez rien, n’attendez rien, ne supposez rien, n’espérez rien. Soyez juste là pour accueillir, donner, recevoir, échanger, et parfois alors, l’inattendu s’offre à vous comme un cadeau inestimable.



    Avant la séance avec Mademoiselle Sourire*, je l’aborde de façon toujours identique, en utilisant la même intonation de voix, les mêmes mots clés, la même façon d’entrer en contact tactile. Après quelques instants, je sens que la synchronie se produit, elle a reconnu NOTRE relation particulière et se donne pour une nouvelle découverte sensorielle. Les signes qui vous permettent la reconnaissance de cet état de présence à la stimulation sont parfois infimes : un léger tressaillement, un sourire, un mouvement ténu de la main, de la tête ; parfois plus significatifs comme des vocalises ou des  soupirs. Ce qui importe, ce n’est pas que chaque accompagnant approche chaque résident de façon identique, mais que chacun trouve une manière de créer un lien unique qui donne du sens à la relation.

    Mademoiselle Sourire, lorsqu’elle est dans la relation, tend son bras, celui qui est toujours figé dans la rétractation et qui cause tant de souffrances durant les soins du quotidien (toilette et habillage). Le côté extraordinaire de ce geste, je l’ai perçu récemment dans le regard ébahi de la collègue qui nous observait.



     L’émotion que l’on donne et l’émotion que l’on reçoit, ne se monnaye pas, ne se quantifie pas, ne s’évalue pas, tout au plus, elle se partage, se multiplie et s’étend comme une contagion…



    Aussi, n’oublions pas que toutes les émotions sont induites par les sensations éprouvées par le corps, alors, ce corps, comme l’écrit Thierry Janssen dans La maladie a-t-elle un sens, (Fayard 2008) : « Il faut apprendre à le délier, le détendre, pour libérer les sensations et, du coup, les émotions qui y sont enfouies. Et, seulement alors, mettre des mots sur ce que nous expérimentons. Des études montrent que le simple fait de respirer et de mouvoir son corps rééquilibre le fonctionnement du cerveau, en particulier la balance entre les émotions négatives (peur, colère, anxiété …) et les émotions positives (joie, enthousiasme…). »       Laisser à la personne accompagnée le loisir d’être acteur à part entière de sa séance snoezelen, sous-entend de votre part une présence consciente. Par présence consciente, j’entends avoir l’esprit dans le moment présent, être dans la relation, de manière entière et sans équivoque. Ne pas laisser vagabonder son esprit afin de percevoir le moindre signe qui vous indique que l’Autre « décroche » et est en demande d’une réadaptation de votre action.



    C’est dans le regard, dans la voix, dans le geste de l’accompagnant que le résident peut trouver compassion, sollicitude, écoute et empathie. S’il ne rencontre pas ce geste, ce regard ou cette voix, l’acte de soin ou d’accompagnement n’a pas de sens, il reste incomplet, un peu comme un puzzle auquel il manquerait des pièces !



    La fin de la séance sera marquée par un éloignement en douceur, progressif, un ralentissement des stimulations, une pause, puis un retour au lieu de vie. Ces moments de transition sont essentiels pour le maintien de l’équilibre de la personne fragilisée et éviter ainsi des troubles majeurs du comportement qui annihileraient les bienfaits de la séance.


Snoezeler au quotidien

    Comme nous l’avons vu précédemment, snoezelen est un art de vivre. Au-delà d’une pratique dans un espace-temps défini, il se vit et s’exprime dans tous les gestes du quotidien.



    Un réveil snoezelen est un réveil respectueux de l’environnement visuel et sonore du résident : lumière tamisée ou indirecte (celle du couloir peut suffire), ouverture de porte en douceur, et surtout, laisser le temps au temps : quelques minutes si précieuses pour insuffler un peu de légèreté dans un monde régit par le faire. On peut y ajouter une musique douce plutôt qu’une station radio (élément oh combien privilégié dans les services de soins à la personne). Privilégier, par exemple, un petit déjeuner au lit pour les personnes dont la toilette prend beaucoup de temps afin de lui éviter la sensation de faim pendant les soins.



    Poursuivre l’accompagnement avec une douche snoezelen.

     Une douche snoezelen, est une douche où le soignant effectue les gestes de soin avec sens et conscience. La vie des personnes polyhandicapées est faite d’impulsions, de ressenti, de perceptions sensorielles plutôt que de raisonnements, réflexion, analyse, d’où une philosophie de vie qui s’exprime par des attitudes, une manière d’être plutôt  que par des mots. Le jet de douche variable peut ainsi devenir tour à tour, « pluie de printemps sur le corps »,  « torrent de montagne sur le dos » ou «  bruine d’automne sur le visage »…Une main sur une épaule pendant que l’autre lave et frictionne juste pour dire « je suis là, je vous respecte et je suis à votre écoute ». Verbaliser, autant que faire se peut,  quel que soit le degré de compréhension du langage verbal, chaque geste de soin et tout particulièrement les actes intrusifs ou pouvant être ressentis comme tels car quelques mots ou un geste effectué avec douceur symbolisent à eux seuls que vous êtes dans une relation d’être humain à être humain. Ce sont des moments snoezelen qui ne coûtent rien (pas d’investissement matériel) mais qui produisent beaucoup.



    Le moment du repas! C’est incontestablement l’instant du quotidien le plus aisément transposable en « mode snoezelen »et souvent aussi, le plus négligé dans les structures d’accueil.

     En plus du rôle physiologique, l’acte alimentaire est, dans nos cultures, un vecteur de lien social : on parle de repas de famille, de fête, d’affaire, entre amis, entre collègues. Nourrir et être nourri est ressenti comme un honneur, mais aussi comme un devoir, envers les siens ou ses semblables (constatez donc l’importance que prennent les organisations qui s’occupent de ce secteur). Pour parer aux problèmes de déglutition, veillez à une installation adéquate et l’utilisation de couverts appropriés. Le positionnement assis en face du résident pour le nourrir est la plus respectueuse : vous vous mettez ainsi à son niveau et créez un lien. Le repas snoezelen est respectueux du rythme : il ne s’agit pas de faire ingurgiter le repas en moins de cinq minutes, mais pas non plus de le traîner en longueur !  Invitez les cinq sens à se manifester en  proposant une découverte des odeurs des aliments, car humer c’est déjà une manière de goûter, de leur texture, de leurs couleurs. Ponctuer la prise des aliments par quelques mots- clés simple « vous aimez ? », « c’est l’entrée », « c’est le plat principal », « c’est le dessert » qui permettent à la personne de se sentir actrice de son repas et surtout cela lui permet de percevoir votre présence à elle.

     Donner du sens au repas, c’est en faire un instant de  bien-être.



   Faire du moment du coucher une occasion snoezelen, dispose à une nuit de sommeil apaisé. Le temps du coucher est très souvent marqué par la fatigue et le stress de la journée. En se projetant dans la tâche accomplie, soignants et accompagnants en oublient l’instant présent.

    Qu’est ce qui nous empêche à ce moment-là, de nous poser, d’abandonner le chemin malsain du débordement induit par notre propension à vouloir tout faire tout de suite et vite, pour s’attacher à l’instant présent et l’échange avec l’Autre ? Profiter de ce moment de calme pour cultiver ma  «  reliance » à la personne accompagnée, résonner avec elle à travers un mot, un geste, un regard, un sourire, un souffle.



    Se séparer en se rapprochant, en rendant perceptible cette onde vibratoire qui nous relie les uns aux autres comme une symphonie musicale.



Le caractère émouvant de Snoezelen vient de ce qu’il produit autant sur le soignant que sur le soigné, et par conséquent, que nul ne s’étonne de voir ce mode d’accompagnement s’élever au rang de soin de choix et de qualité.

Snoezeler, c’est entendre ce que l’Autre ne dit pas, toucher ce corps qu’il n’arrive plus à maîtriser pour le lui rendre, l’aider à le réinvestir ; lui permettre de se refléter dans votre regard tel qu’il est, sans rien attendre de lui, sans exigence, c’est respirer avec lui les effluves de l’Etre et du présent, c’est goûter ensemble la joie, la peine, la communion, la séparation, la vie, la mort.



Snoezelen, c’est tout le symbole d’un corps bouleversant le cœur, d’un cœur bouleversant le corps, un corps à cœur bouleversant et vice versa…




                                                                                   Isabelle Martins, Avril 2010


[1] * Fragrance, Umami, Bleuroy, Mélodie et Sourire (p.5) : le choix des noms n’est pas fortuit !



[2] *makom : terme hébraïque qui désigne le lieu de rencontre entre l’homme et dieu.



Témoignage publié dans Cultures & Sociétés, sciences de l'homme ( Editions TERAEDRE) n°15 de juillet 2010
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Michel7034
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